— L'ÉDITORIAL —
Du chaos à la boussole
pourquoi ces seize compagnons
Cet éditorial ouvre chacun des seize compagnons. Il dit d'où vient cette collection : d'années d'expérience
vécue, éprouvée en cabinet, nourrie de recherche et de formation — et de la volonté de tout transmettre.
« J'ai écrit ces lignes pour celles et ceux qui, comme moi autrefois, se demandent si la paix est
encore possible après le chaos. Ce livre est la preuve que le changement n'est pas d'abord une affaire de
volonté, mais de compréhension et d'apprivoisement. »
Le chemin d'un survivant
Je n'ai pas appris le bien-être dans les manuels. Je l'ai appris en le perdant, puis en le reconstruisant,
pierre après pierre.
Enfant, j'ai grandi trop vite. À neuf ans, lorsque ma famille s'est disloquée, je suis devenu le pilier
d'une maison que je n'avais pas bâtie : veiller sur mes petits frères, m'occuper des animaux, marcher des
kilomètres pour rejoindre l'école, puis tout recommencer. On appelle cela la parentification : un enfant
sommé de porter le rôle d'un adulte avant même d'avoir eu le droit d'être un enfant. Je n'avais pas ce mot,
à l'époque. J'avais seulement ce sentiment tenace de ne pas vivre comme les autres.
Les années n'ont fait que graver ce rôle plus profondément. Là où surgissait une crise, on venait me
chercher. Je suis devenu l'homme des situations compliquées — celui qui répare, qui sécurise, qui prend le
relais quand tout vacille. Puis j'ai fait de cette suradaptation un métier : ingénieur commercial,
performant, infatigable. Jusqu'au jour où le corps a cédé.
Le burn-out n'est pas une panne de volonté. C'est la facture d'années passées à tenir debout pour tout le
monde — sauf pour soi. J'étais résilient, mais sans boussole. Puis vint une rencontre : quelqu'un qui a su
écouter, comprendre, et m'orienter. Je me suis formé au coaching professionnel, au rééquilibrage
alimentaire, à l'hypnose, à l'EMDR, à l'EFT et à la thérapie familiale. Cette traversée s'est muée en soif :
comprendre, apprendre et, aujourd'hui, transmettre.
Le Guérisseur Blessé
Il est un archétype décrit par Carl Jung qui résume tout : le Guérisseur Blessé. Celui dont la capacité à
accompagner ne provient pas des diplômes, mais du fait d'avoir touché le fond et d'en être revenu. Je ne
vous propose donc pas une théorie sur la reconstruction. J'en suis, modestement, une preuve vivante. Ce que
Boris Cyrulnik nomme résilience — transformer une blessure en ressource —, je l'ai d'abord vécu dans ma
chair avant de l'étudier.
La cathédrale : Cerveau, Cœur, Corps
Ma traversée m'a enseigné une vérité simple : le burn-out, l'épuisement, l'emprise ne sont pas des pannes
isolées. Ce sont des déconnexions — une rupture du dialogue entre trois centres qui devraient sans cesse se
répondre : le Cerveau (ce que je pense), le Cœur (ce que je ressens) et le Corps (ce que je vis,
biologiquement).
Se reconstruire, c'est réaccorder ces trois C. Voilà pourquoi cette collection n'est pas une série de
recettes, mais un parcours : une cathédrale de vie que l'on élève escale après escale. Seize compagnons, en six registres : les fondations, la nef, les chapelles, la voûte, la crypte — et la loge, l’atelier du métier.
- Les fondations · La Paix avec son corps — réconcilier l’allié qui semblait nous avoir trahis : un corps qui réclame du sucre à 17 h, qui ne digère plus, qui stocke malgré les efforts. Non par manque de volonté — parce qu’il tient encore en mode survie.
- Les fondations · Le Sommeil Réparateur — la nuit n’est pas notre ennemie : c’est l’atelier secret où se répare le jour. Du berceau au grand âge, et vingt et une nuits pour reconstruire.
- La nef · L’Empreinte Invisible — et si ce besoin de tout contrôler n’était pas un défaut, mais un signal ? Nous ne naissons pas dans une famille : nous naissons dans un rôle, et ce rôle dessine notre armure. Comprendre pour la déposer.
- La nef · Le Poids Invisible — l’enfant qui portait tout. La parentification, ces responsabilités d’adulte endossées trop tôt, et le burn-out suivi jusqu’à sa racine. Déposer enfin un poids qui n’était pas le sien.
- La nef · Se connaître pour mieux se vivre — démêler ce qui est vôtre de ce dont vous avez hérité : rôles assignés, blessures anciennes, secrets dont on porte le poids sans les avoir choisis. Cesser de rejouer la vie d’un autre.
- Les chapelles · Attendre & Accueillir — les mille premiers jours. Grossesse, naissance, première et deuxième année : tout s’y rejoue en même temps, le corps, les émotions, le lien.
- Les chapelles · Grandir — les dix-huit premières années. Le cerveau à chaque âge, les colères qui ne sont pas des caprices, les limites, l’identité, la séparation adolescente.
- Les chapelles · La Nouvelle Saison — périménopause, ménopause : la transition que toutes traversent et que personne n’a appris à lire. Ni folle, ni faible, ni seule.
- Les chapelles · Le Passage masculin — 45-60 ans chez l’homme : ce qui change vraiment, ce qu’on met sur le compte de l’âge à tort, et le sens qu’on cherche à donner à la seconde moitié.
- La voûte · L’Art du Lien — bâtir enfin des relations fondées sur la sécurité et non sur la survie ; poser des limites qui protègent sans nous couper du monde. L’art du lien commence toujours par le lien à soi.
- La voûte · Le Corps Absent — désir, plaisir et présence à soi. Le pont entre le corps des fondations et les liens de la voûte : réhabiter l’intime quand la sécurité est là, sortir de la performance et de l’absence pour revenir, présent, dans son corps.
- La crypte · Le Manque Invisible — la dépendance affective : pourquoi certains liens deviennent vitaux, d’où cela vient, et comment on en sort sans devoir renoncer à aimer.
- La crypte · Peur & Désir — phobies et addictions : deux directions opposées du même apprentissage par soulagement immédiat.
- La crypte · Le Deuil — traverser la perte. Ce que le deuil fait au corps, les deuils qu’on ne nomme pas, et ce qui aide vraiment.
- La loge · Le Sol Invisible — ce sur quoi on tient sans le voir : les croyances qu’on prend pour des faits, les valeurs qu’on n’a pas choisies, les loyautés, les transitions. Rendre le sol visible, pour pouvoir le relire.
- La loge · L’Organisation Invisible — manager sans confondre son rôle et sa personne : les places, les frontières, les loyautés anciennes, ce que l’organigramme ne montre pas — et là où le rôle s’arrête.
Oui, c'est possible
Si vous lisez ces lignes, vous êtes peut-être à un croisement. Vous vous croyez peut-être « définitivement
cassée ». Vous ne l'êtes pas. Vous êtes un être humain qui a déployé des stratégies de survie remarquables —
parfois géniales — mais aujourd'hui obsolètes. Il est temps de renégocier votre contrat avec la vie.
Ma mission tient en une phrase : vous montrer que la paix est possible après le chaos. Non par la seule
volonté, mais par la compréhension et l'apprivoisement. Je connais ce chemin. Je l'ai arpenté dans la nuit,
sans boussole. Ces compagnons sont la boussole que je n'ai pas eue.
Réserve. Tarifs, offres et nombre de pages indicatifs, susceptibles d’évoluer selon les conditions économiques, les modifications apportées à l’ouvrage et le format retenu. Le nombre de pages annoncé pour chaque volume est indicatif : il peut évoluer au fil des révisions, des corrections et de la mise au format retenue pour l’impression. Le Compagnon 0 « La Carte » est gratuit et n’entre pas dans le décompte de l’offre.
Pierre Roland